Qu’est ce que l’accouchement respecté ?

La physiologie de l’accouchement est une adaptation du fonctionnement habituel du corps humain à un événement particulier : la mise au monde.  

Cet événement va mobiliser des phénomènes physiques, psychiques et comportementaux qui seront mis en œuvre spontanément chez une femme dont l’organisme est en bonne santé.

L’enfant lui-même va prendre part à sa naissance.

C’est donc un partenariat de compétences et d’adaptabilité qui va assurer le bon déroulement de cet événement.

Même si les phénomènes globaux de la physiologie de l’accouchement sont les mêmes pour toutes les femmes, il existe néanmoins de grandes disparités d’une femme à l’autre, d‘un accouchement à l’autre, en terme de déroulement, de durée, de sensations, d’expression, de vécu.

On pourrait presque dire qu’il existe autant de « physiologies » que de femmes…

Pour que se réalise la physiologie de chaque travail et de chaque accouchement, nous proposons de tisser pendant la grossesse une relation confiante  au sein de laquelle la future maman se découvre, et découvre et confie ses envies, ses
craintes, ses attentes à son référent (la sage femme qu’elle choisit).
Au moment de la mise en travail, quand on part à la maternité, le lien est là , qui diminue beaucoup les éventuelles craintes qu’on pourrait avoir d’être entre des mains inconnues, ou d’être jugée, d’être incomprise, d’échouer. Toute
l’énergie se focalise sur l’accueil de l’évenement, sur le passage qui s’annonce.
Cette relation est un support, une alliance.

 

La sage femme apprend a connaître la femme enceinte, et cette connaissance réciproque garantit de pouvoir mieux diagnostiquer et accompagner la physiologie de sa grossesse et de son travail.
Lors des consultations et lors du travail, on prend tout le temps nécessaire, et la sage femme est à l’écoute, et dans un « moins faire », qui va parfois jusqu’à un « ne rien faire » (emprunt de vigilance, et c’est ce qui en fait un acte
médical).
L’accouchement respecté, c’est aussi le droit au temps.

Dans ce tempo lent et attentif, se déploie l’intelligence cellulaire du corps, qui va permettre que la maman naisse elle aussi (d’où le nom de Groupe Naissances…).

 


« Aider quelqu’un, c’est le détendre » a dit Paul Claudel.
Quand cette relation est établie, s’instaure un lâcher prise, et un mouvement de la maman « vers l’intérieur ».
Ce mouvement est important pour que s’installe puissamment, dans son corps, la bonne balance entre le tonus involontaire Orthosympathique (système d’action), et le tonus involontaire Parasympathique (système de relâchement) ;
et pour que se déploient ses bénéfices.

Le système nerveux involontaire est comparable à un chef d’orchestre plein d’ingéniosité et qui possède quelques super-pouvoirs :

  • Dans des circonstances extraordinaires comme la grossesse, il a le pouvoir de moduler l’immunité à la perfection pour que s’installe pacifiquement le « greffon » (qu’est le fœtus).

  • Dans des circonstances extraordinaires comme le prétravail, il enclenche la sécrétion d’endorphines (réputées légèrement enivrantes) et d’ocytocine, qui générent la venue d’une soudaine sérénité et confiance, d’un lâcher-prise libérateur au sujet de ce qui va se passer exactement, d’un laisser-faire.

  • Dans des circonstances extraordinaires comme la mise en travail, le système nerveux involontaire :

    • sollicite le diaphragme pour hyper-oxygéner et générer une antalgie de l’intérieur,

    • amplifie les expirs et la vidange pulmonaire pour axialiser le foetus,

    • génère une ouverture osseuse et ligamentaire, et

    • genère une ouverture psychique pour rendre possible le détachement du bébé du corps de sa maman.

  • Dans des circonstances extraordinaires comme l’accouchement, le système nerveux agit sur les muscles et provoque un gainage» de tout le corps pour permettre un « démoulage » du bébé avec très peu d’efforts.

Le renoncement à diriger ou à accélérer le travail physiologique (avec un déclenchement, avec des ocytociques, avec la rupture de la poche des eaux, avec une immobilisation du corps pendant le travail, avec un enregistrement
continu du rythme cardiaque fœtal, avec une péridurale systématique..) fait place à une médecine d’observation, moins technicisée, plus flexible, attentive aux auto ajustements du corps, a ses finesses, à sa puissance, à sa justesse, et
qu’il s’agit d’accompagner, pour ne pas nuire.

Cette médecine d’observation est cependant très rigoureuse et nécessite une grande connaissance, et de la physiologie, et de la pathologie.

Le suivi intégral que propose le Groupe Naissance est propice à cette médecine d’observation.
Le « One to one » , et la présence de la sage femme d’un bout a l’autre du travail, permet de laisser éclater la physiologie dans une garantie de grande sécurité médicale.
Certains postulats médicaux appliqués aujourd’hui (comme la recommandation de limiter les efforts de poussée à 30 minutes strictes, ou comme la désobstruction systématique des voies aériennes du nouveau né) peuvent être
questionnés, et assouplis, et remplacés efficacement par un accompagnement « sur mesure ».
D’autant qu’on sait aussi qu’il y a de grandes disparités de pratiques obstétricales d’un âge à l’autre, et d’un continent à l’autre, ou simplement déjà, de part et d’autre de la Manche.
Inspirant !